Ultimatum


Création 2007

Ultimatum, c'est la volonté de concevoir de manière intuitive et empirique mon travail de création. De composer avec la fragilité et la puissance des êtres mis à nu sur le plateau, de travailler sur le "corps danseur" des acteurs et enfin d'assumer la part autobiographique de ce travail.

Ultimatum, c’est une réflexion sur "la tragédie d'exister" à travers la figure du poète Fernando Pessoa et plus précisément de l'un de ses hétéronymes, Alvaro de Campos : poète sensationniste, au style fébrile et puissant, auteur de l'Ode triomphale et de Bureau de Tabac. Ce qu'il faut dire de Pessoa, c'est ce qu'il dit de Shakespeare : “il était trop grand pour lui-même ; il avait trop d'âme pour trop peu de moi”.

J’ai choisi au cours de ce spectacle composé d’une dizaine de tableaux, de mettre en relation l'écriture de Pessoa avec celle de Patrick Kermann et celle de David Wojnarowicz, avec l’intuition que la puissance d’écriture pour définir les désordres intimes de ces trois auteurs pouvaient composer une fascinante partition.

On a allumé les lumières, la nuit tombe, la vie se métamorphose,
N'importe comment, il faut continuer à vivre.
Mon âme brûle comme si c'était une main, physiquement.
Je me cogne à tous les passants sur le chemin.[…]
Je ne sais pas sentir, je ne sais pas être humain,
vivre en bonne intelligence au sein de mon âme triste avec les hommes mes frères sur la terre.
Je ne sais pas être utile fût-ce dans mes sensations, être pratique, être quotidien, net,
avoir un poste dans la vie, avoir un destin parmi les hommes,
avoir une œuvre, une force, une envie, un jardin, une raison de me reposer,
un besoin de me distraire, une chose qui me vienne directement de la nature.
Pour cette raison sois-moi maternelle, ô nuit tranquille…
Toi qui ravis le monde au monde, toi qui es la paix, viens à moi,
ô nuit, tends-moi les mains, et sur mon front,
ô nuit, sois fraîcheur et soulagement.

Alvaro De Campos (Fernando Pessoa) / Passage des heures / traduction d'Armand Guibert

Générique
Mise en scène, scénographie, création lumière Cédric Gourmelon
Régie générale et régie plateau Antoine Hordé
Régie lumière Alain Feunteun
Musiques Gérard Manset, Henryk Gorecki, Programme
Son Yves Ruellot
Costumes Marino Marchand
Chargé de production Ronan Martin
Avec Guillaume Cantillon, Nathalie Elain, Cédric Gourmelon Benjamin Guyot, Gaël Sesbouë

Spectacle crée du 13 au 31 mars 2007 à la Ménagerie de verre - festival Etrange Cargo, Paris et représenté du 16 au 18 avril 2007 au Quartz / Scène Nationale de Brest, du 18 au 19 octobre 2007 au Centre Chorégraphique National Rennes, le 15 novembre 2007 au Théâtre de Cornouailles, Scène Nationale de Quimper.

Coproduction Réseau Lilas / La ménagerie de verre, Paris / Le Quartz/Scène Nationale de Brest

Presse

MOUVEMENT Gwénola David - 03/04/2007
« …Dans cette succession de tableaux qui entrechoquent les sensations, Cédric Gourmelon frotte langage du corps et élan du verbe, densité des présences et vociférations presque agressives, lyrisme puissant de la parole et poésie ténue du geste. Il fait vibrer l'invisible des désirs, des peurs, des incertitudes. »

TELERAMA
Joshka Schidlow - 27/04/2007
Ultimatum est un coup de chapeau que donne Cédric Gourmelon, un des jeunes espoirs les plus sûrs de la scène actuelle, à trois écrivains essentiels mais pas toujours reconnus à leur juste valeur […]. Le prodige est qu'ils ont su aussi bien restituer les déchaînements pulsionnels de Pessoa que l'écriture rêveuse de l'un de ses hétéronymes, ou que les récits à la tonalité musicale du trop confidentiel Wojnarowicz.

OUEST FRANCE
18/04/2007
Ultimatum est un spectacle noir, sur la tragédie d'exister, mais l'immense humanité qui se dégage des textes place la beauté avant l'obscurité. Il dit l'inadéquation de l'homme avec la réalité, la banalité, le quotidien, et la quête intérieure vaine. C'est juste, bouleversant.


© Caroline Ablain