Haute Surveillance


de Jean Genet
Création 2017

« C’est un diamant noir » annonce Cédric Gourmelon au sujet de Haute surveillance, première pièce de Jean Genet qui en initia la rédaction au centre pénitentiaire de Fresnes en 1942 sous le titre Pour la belle, et qui la retravaillera jusqu’à la fin de sa vie en 1985.

On y retrouve la mythologie qui traverse son œuvre et entoure sa vie : sa fascination pour les criminels, la masculinité, l’accomplissement de soi, la fatalité, le désir... L’action est resserrée autour de trois jeunes détenus. Le premier, nommé Yeux verts, figure charismatique, est un « vrai » assassin vénéré par deux délinquants, Maurice, gueule d’ange à la beauté troublante, et Lefranc, le seul à ne pas être analphabète, qui a le privilège de lire et rédiger la correspondance entre le caïd et sa femme – l’absente, objet du fantasme commun.
Il fallait un amoureux et un praticien accompli de l’œuvre de Genet pour mettre en scène ce huis clos dense et poétique. Cédric Gourmelon a déjà monté Splendid’s, Le Funambule et Le Condamné à mort, poème mis en musique par Étienne Daho. Haute surveillance est un de ses textes fétiches qu’il crée aujourd’hui pour la troisième fois. Il conduit les acteurs de la Troupe dans les revers de cette écriture qui réclame un engagement physique intense. Ensemble, ils apprivoisent le style unique de l’auteur qui donne la parole, et une forme de noblesse, à de mauvais garçons comme lui mis au ban de la société. Là est l’immense talent du théâtre de Genet : « c’est la politesse à l’égard de la matière, il consiste à donner un chant à ce qui était muet ».

Mise en scène : Cédric Gourmelon
Avec la troupe de la Comédie-Française : Pierre-Louis Calixte, Jérémy Lopez, Sébastien Pouderoux, Christophe Montenez
Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy
Costume s: Cidalia Da Costa
Lumières : Arnaud Lavisse
Assistanat : Morgann Cantin-Kermarrec

Production : Le Studio Théâtre de la Comédie-Française
Coproduction : Réseau Lilas

Création
du 16 septembre au 29 octobre 2017 Le Studio Théâtre de la Comédie-Française

Presse

"Les acteurs y tracent des lignes nettes tandis qu’ils toréent avec rage une écriture, osée, hardie et de haute tenue. Cédric Gourmelon, qui les dirige, ne passe à côté ni du génie de Genet, ni de sa puissance d’écriture, ni de la sensualité qui court dans ses mots. Lumineux.".
Joëlle Gayot, Télérama, 27 septembre 2017

"Gourmelon opte pour un lyrisme bridé où le texte chante dans sa sécheresse et dans son tournoiement de vérités opposées. Le sordide est sculpté et sublimé par la tragédie. Les attitudes sont droites, les corps peu flexibles : les fauves sont dans le combat mental, les muscles sont au repos avant la guerre. (…) Magnifique, ce Genet qui nous arrive à la fois mat et éclatant !".
Gilles Costaz, Webtheatre, 22 septembre 2017

"Cédric Gourmelon excelle à transcrire dans sa mise en scène la lettre et la morale inversée de Jean Genet. (…) Ces « jugements magnifiants », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans son démesuré Saint Genet comédien et martyr, sont portés par la vive austérité voulue par le metteur en scène, comme reflet du dépouillement-vers-la-mort de son héros et fenêtre sur un horizon intérieur aux contours incertains.".
Pierre Monastier, Profession-Spectacle, 20 septembre 2017