Au bord du gouffre


d'après David Wojnarowicz
Création 2013

Entre fantasme et réalité, récit autobiographique chaotique et pamphlet radical, poésie contemplative et journal intime pornographique halluciné, Au bord du gouffre est un texte impressionnant. On y trouve mêlés des souvenirs d’enfance, des rêves racontés à l’état brut, des interviewes réalisées dans le cadre de recherches artistiques, des paysages qui défilent, des chroniques de la vie nocturne dans des lieux de dragues.

C’est une plongée dans le milieu des junkies et de l’underground artistique New-yorkais des années 80, où le Sida commence ses ravages. La mort est partout, et l’on ne comprend encore pas grand-chose à cette maladie. La recherche médicale tâtonne et les bas instincts se déchaînent contre la communauté homosexuelle, principale victime du fléau. Les décisions des dirigeants politiques sont lâches et parfois scandaleuses dans cette Amérique républicaine et évangéliste des années Reagan. Dans Au bord du gouffre, David Wojnarowicz lâche ses dernières forces contre cette Amérique là, intolérante, égoïste et morbide. Il est mort en 1992 à l’âge de 37 ans.

J’ai découvert ce livre en 2006 dans la traduction de Laurence Viallet et dès la première lecture est né pour moi le désir de travailler sur une forme scénique célébrant à la fois la poésie et le parcours hors du commun de David Wojnarowicz.

C'est une écriture unique, profondément ancrée dans le réel, sans artifices, sans volonté de séduire, mais au-delà de sa qualité littéraire, le texte témoigne de la matière brute avec laquelle l’artiste travaille. On a l’impression rare de plonger au cœur de ce qui fait son processus artistique : ses obsessions, son enfance, ce qui lui échappe, ses interrogations politiques, la question de la mort...

Générique

Conception et interprétation : Cédric Gourmelon

D’après Au bord du gouffre (Close to the knives) de David Wojnarowicz
Edition Le Serpent à plumes - Traduction de Laurence Viallet

Pour la création à La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc en mars 2013 :

Collaboration artistique : Jonathan Bidot, Nathalie Elain
Collaboration artistique et création lumière : Marie-Christine Soma
Régie lumière : Rodrigue Bernard
Régie son : Emmanuel Le Duigou
Production-diffusion : Lena Le Tiec

Pour la re-création dans le cadre du Festival Mettre en scène au TNB - Rennes en novembre 2013 :

Collaboration artistique : Nathalie Elain, Vincent Dissez, Mathieu Lorry-Dupuy
Lumières : Rodrigue Bernard
Régie son : Vincent Hursin
Régie générale : Alice Gill-Kahn
Régie plateau : Arnaud Quinson
Production-diffusion : Lena Le Tiec

Coproduction La Passerelle / Scène nationale de Saint-Brieuc ; Théâtre National de Bretagne / Rennes ; Réseau lilas

Avec le soutien de Spectacle vivant en Bretagne et du Programme "Hors les Murs" de l'Institut Français (résidence de Cédric Gourmelon à New York)

Diffusion:

- La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc : 28 et 29 mars 2013 (création, première version)
- Festival Mythos, Rennes : 17 et 18 avril 2013
- Festival Mettre en Scène, Théâtre National de Bretagne - Rennes : du 20 au 23 novembre 2013 (re-création, deuxième version)

A venir La Manufacture Atlantique, Bordeaux : 04 et 05 avril 2014

Presse

Les trois coups.com
Aurore Krol

[…] Et Cédric Gourmelon offre un spectacle exemplaire. Émouvant, brut et sans apprêt, son jeu se fond intelligemment dans les ruptures de ton de David Wojnarowicz, de l’intime presque murmuré à la rage d’un exil en son propre corps, à la descente aux enfers et aux fascinations provoquées par le sexe et par l’art. Et cette parole qui monte, qui combat et qui pointe, cette parole qui traverse trente ans de luttes pour venir nous heurter jusqu’au tréfonds.

© Christian Berthelot