La princesse blanche


de Rainer Maria Rilke

Création 2003

La princesse est amoureuse d’un amant secret et par delà onze ans de mariage elle s’est gardée pure pour lui. Le grand jour arrive enfin, le prince est absent et les serviteurs sont congédiés. La princesse se retrouve seule au palais avec sa petite sœur.
Elle va pouvoir donner le signal convenu à celui qui vient par la mer et qui fera d’elle une femme. Mais la barque n’accostera jamais.

J'ai choisi de monter les deux versions du texte existantes dans un même spectacle.
La première " comme dans un rêve " (peut-être celui d'une princesse), et la deuxième est l'installation de la page blanche sur laquelle s'écrivent les vers. Ces deux versions sont articulées par un faux entracte, passage de la fausse réalité du rêve à la vraie théâtralité du moment.

Il s'agit de faire entendre le poème, de le "décoller" de l'intrigue. De faire entendre ce qui est écrit sans trémolo ni vibrato. C'est un long et singulier travail pour les acteurs. Je leur ai parlé de simplicité et jamais de désincarnation ou de neutralité. Il fallait qu'ils soient très investis.

Lire Rilke et le mettre en scène c'est se confronter d'abord à une autre idée du temps et de l'homme face à la nature. (Concrètement : le temps qu'il fait, le rythme des saisons, les paysages…) Une quête d'un long et profond voyage vers ce qui ne se voit pas. L'idée d'un monde intérieur. Une écriture silencieuse invitant à la retraite. Rainer-Maria Rilke a développé tout au long de sa vie la conscience aiguë de son rapport à l'art comme une haute mission, quasi-divine. Cette quête ressemble à l'élaboration d'une nouvelle cartographie de nos sensations intimes que l'on pensait inexprimables, de notre rapport inconscient aux autres, à la nature et à la mort.

Générique

Mise en scène et scénographie Cédric Gourmelon
Collaboration artistique Olivier Gelpe

Lumière, régie générale Nicolas Le Bodic
Régie lumière Daniel Creff
Costumes Raoul Fernandez
Réalisation des costumes Marino Marchand, Babeth Martin, Aude Gestin
Régie son Yves Ruellot
Régie plateau Alain Julou
Administration Laurence Fleury

Avec Guillaume Cantillon, Nathalie Elain, Cédric Gourmelon, Mathieu Guy, Lénaïg Le Touze, Nicolas Le Bodic

Spectacle créé du 3 au 13 mai 2003 au Quartz, Scène Nationale de Brest et représenté du 16 au 23 mai 2003 à L'Aire libre, scène conventionnée de St Jacques de la Lande.

Coproduction Réseau lilas (production déléguée) / L'Aire Libre, St Jacques de la Lande / Le Quartz, scène nationale de Brest

Presse

L'HUMANITE
Aude Brédy - 12/05/2003
« … La manière dont Cédric Gourmelon a écouté les dialogues de Rilke, sa direction d'acteurs n'est guère ostentatoire. Il y a là quelque chose de vulnérable, et les gorges se serrent. Avec une gestuelle du peu, parfois biblique, les acteurs traduisent la radicale séparation de leur personnage avec l'extérieur. La Princesse accole son visage - parfois, étrangement, celui de l'enfance giflée - à celui de sa sœur, laquelle souffle dans son cou. La précocité du désir de Lara au contact de la sensualité impatiente de sa sœur est d'ailleurs rendue ici de manière saisissante. »

LES INROCKUPTIBLES
Patrick Sourd - 14/05/2003
Alors, c'est en pleine lumière qu'au plus près du public le drame se rejoue, s'affirme et se complète. De l'impalpable à l'incarnation, de l'évocation à la représentation, Cédric Gourmelon propose une démonstration limpide pour dire le combat du poète entre rêve et réalité.

LIBERATION
Mathilde La Bardonnie - 11/05/2003
Rilke toujours recommencé
[…] Dans leur duo d'escaladeuses, vers la fantasmagorie, Nathalie Elain et Lenaïg Le Touze, entre hiératisme et passion, livrent le poème à l'amour pur de Rilke, elles le mènent, l'emmènent comme on porte la fatalité. La fin ne sera pas gaie.

© Alain Monot