Edouard II


de Christopher Marlowe

Création 2008

Le titre d’origine de la pièce est Le règne troublé et la mort pitoyable d’Edouard II, roi d’Angleterre et la chute tragique de l’orgueilleux Mortimer. Le ton est donné. Il s’agit d’un conte cruel. Une pièce “baroque”, plutôt que classique, aux accents tour à tour comiques ou grandement tragiques.
Avec cette nouvelle traduction j’ai choisi de monter l’intégralité de l’œuvre afin de faire complètement entendre la poésie naïve, drôle et violente de Christopher Marlowe, un des grands auteurs dramatiques de la renaissance élisabéthaine.
Pièce iconoclaste, écrite par un jeune auteur au tempérament rebelle, Edouard II c’est l’histoire tragique d’un roi qui n’était pas fait pour régner, mais pour aimer, passionnément, sans compter… Et c’est l’histoire de barons obstinés à purger le royaume de ce roi “contre nature” (qui anoblit son mignon et le fait asseoir sur son trône tandis qu’il chasse sa reine en la traitant de putain), au nom d’un ordre moral qu’ils ne cessent eux-mêmes de bafouer.
Edouard, parfois trivial ou capricieux, face à un destin qui d’abord le dépasse sera pourtant dans son martyr final le seul dépositaire de la grandeur et du sacré. C’est une pièce sur l’amour - où le roi y est amoureux d’un autre homme - plutôt que traitant d’homosexualité. Une pièce moderne, chargée d’une force subversive et d’une liberté rageuse dans ses prises de position politiques, religieuses ou morales.
Avec les acteurs, j’ai choisi d’accompagner le texte au présent, privilégiant la simplicité de la mise en scène et l’évidence du plateau nu.

Générique

Mise en scène Cédric Gourmelon
Collaboration artistique Nathalie Elain
Assistant à la mise en scène Dominique Chrétien
Traduction André Markowicz avec la collaboration de Cédric Gourmelon
Costumes Raoul Fernandez assisté de Laure Mahéo
Lumières, vidéo Cyril Leclerc
Son Matthieu Dehoux (Moujik)
Accessoires, régie plateau, construction Antoine Hordé
Habilleuse Valérie de Champchesnel
Administrateur de production Ronan Martin

Avec Guillaume Cantillon, Marion Coulon, Vincent Dissez, Nathalie Elain, Raoul Fernandez, Benjamin Guyot, Loïc Le Roux, Antoine Lesimple, Alexandre Pallu, Bruno Pesenti, Christophe Ratandra, Julien Storini,

Spectacle créé à Rennes du 11 au 15 novembre 2008 au Théâtre National de Bretagne, Rennes et représenté du 2 au 3 décembre 2008 à l'Hippodrome /Scène Nationale de Douai, du 12 au 13 décembre 2008 à l'espace Jules Verne, Scène Conventionnée de Brétigny-sur-Orge, du 5 au 31 janvier 2009 Théâtre Paris Villette, le 4 juin 2009 à La Passerelle/Scène Nationale de Saint-Brieuc
Coproduction : Réseau lilas (production déléguée), Théâtre national de Bretagne / Rennes, L'hippodrome / Douai, Théâtre Paris Villette, Arcadi (Action régionale pour la création et la diffusion en Île de France)
Soutiens : ADAMI, FIJAD - ERAC Cannes, Jeune Théâtre National, Conseil Général d'Ille et Vilaine
Remerciements Atelier couture du TNB, Comédie Française, Marion Gorgiard, Virginie Cugny
Le texte est édité aux éditions Les solitaires intempestifs dans sa nouvelle traduction.

Presse

OUEST FRANCE
Benoit Le Breton - 17/11/2008
[…] Trois heures trente durant, l'on suit, cette grande fresque épique, haletante, servie par un texte puissant et mené à un rythme d'enfer. Moins subtil, moins complexe qu'un Shakespeare, cet Edouard II de Christopher Marlowe développe une fantaisie, une irrévérence réjouissante.

LES INROCKUPTIBLES
Patrick Sourd - 25/11/2008
[…]Une fresque qui se joue de l'épique Elisabéthain en inscrivant l'intrigue dans l'épure de la chambre d'échos d'un plateau nu.( ...) La belle réussite d'un spectacle fleuve (3h40) misant d'abord sur les capacités de sa jeune troupe à tenir la légèreté d'un tragi-comique qui ne baisse jamais la garde.

TELERAMA
Emanuelle Bouchez - 31/01/2009
Cédric Gourmelon s'est emparé avec fougue et gourmandise des frasques de ce despote caractériel, de ces luttes intestines inextricables, de ces guerres de succession qui s'achèvent au cimetière. Dans la traduction vive, relevée et parfois joyeusement anachronique d'André Markowicz, il déploie beaucoup d'adresse à traduire l'énergie explosive des situations […]. Les derniers actes sont fluides. Le sordide, le cynisme, le crépusculaire y éclatent dans une invention d'images toujours renouvelée. Sur ce plateau, Edouard, alias Vincent Dissez, qui tient le choc avec aisance, est royalement servi.


© Christian Berthelot