
Haute surveillance : le récit de la relation passionnément tissée entre trois jeunes hommes, trois prisonniers, enfermés dans la même cellule. Yeux-verts est condamné à mort. Lefranc est un simple voyou, il n'a plus que quelques jours à passer en prison. Maurice, le plus jeune d'entre eux, y séjourne pour la première fois.
Yeux-verts a le portrait de sa femme tatoué sur le torse. Tous les trois semblent la convoiter. C'est de cette femme, ou plutôt de son absence, que la tragédie trouvera sa raison d'être.
Lefranc tue Maurice sous le regard de Yeux-verts.
Ma rencontre avec l'écriture de Jean Genet fut intense, pleine d'émotion, sans doute une révélation. L'évidence s'est produite avec Haute surveillance, sans doute la première pièce écrite par Jean Genet (bien qu'elle fût publiée après Les bonnes), il la modifiera à plusieurs reprises. Nous avons travaillé sur sa dernière version réécrite en 1985, peu de temps avant sa mort.
Haute surveillance raconte le quotidien de trois jeunes criminels, qui confrontent leur histoire, leurs aspirations, leurs obsessions au sein d'un milieu où l'on s'amuse dangereusement à paraître. C'est un huis clos. Les personnages sont enfermés, les répliques résonnent étrangement, profondément.
Pour moi, Haute Surveillance raconte surtout le désir. C'est la tension entre ce désir et la fantasmagorie de l'univers carcéral dans laquelle ils sont plongés, qui a tissé la relation inextricable de ces trois-là. Quand l'objet du désir est à portée de main, ils l'écartent, comme pour mieux s'approcher de l'insupportable.
Créer la tension, que le texte résonne à l'infini, se laisser aller à un théâtre de l'instinct, de la sensualité, dans le cadre d'une rigueur formelle.
Créer le vide autour du vivant.
Une lumière de contraste, noire et blanche.
Le décor : la cellule comme une île étrange (trop lisse), support d'un moment de théâtre, perdu dans une mer de sable.