STAGES ET ATELIERS | FAIRE L'ART | LECTURES


Le cabinet d’amateur de Cornelis van der Geest par Willem van Haecht, 1628

Ce cycle de propositions artistiques est né d'un partenariat avec l'association Au bout du plongeoir, dont Cédric Gourmelon est l'un des 9 membres fondateurs. Chacun de ses membres développe un projet au sein de l'association, nommé "grand cahier". Celui de Cédric Gourmelon s'intitule "Faire l'art". Il a, dès le début, choisi d'en partager pleinement les enjeux avec la compagnie Réseau lilas.

Les questions qui sont à l'origine et qui orientent cet espace d'expérimentions qu'est "Faire l'art" sont nombreuses. Elles sont issues de notre expérience de compagnie théâtrale aspirant à un théâtre d'art :
Peut-être que (de) nous exprimer à travers nos créations ne suffit plus ?
Nous faut-il mettre en avant la notion de processus plutôt que celle de produit ?
A qui, pour qui parlons nous, comment cela est-il reçu, est ce qu'il est important d'être "compris" ou l'acte artistique se suffit-il à lui-même ?
L'encombrement des expositions, des festivals : la juxtaposition d'univers plus ou moins forts et intègres. Le nombre d'œuvres, l'accumulation, transforment le regard, qui de ce fait risque de se contenter de parcourir l'ensemble, attiré par une couleur, puis par un nom, puis par un format… mais dans une circulation qui invite surtout à la frénésie, et qui n'invite pas à s'arrêter vraiment, longtemps, avec une seule œuvre.
Ne nous faudrait-il pas retrouver la pensée que peut être chacune d'elles contient toutes les autres ?

Le regard du spectateur est tellement soumis à des influences qui diminuent la possibilité d'une relation idéale. Nous avons l'impression que trop souvent nous allons au spectacle pour vérifier ce que l'on sait déjà. On vient reconnaître le talent d'un tel dont on nous a parlé, vérifier les insuffisances d'un autre. Et à la sortie du spectacle, rapidement une sorte de consensus naît quant à l'intérêt de ce qui vient d'être présenté, contre lequel s'insurgeront quelques spectateurs, avisés, eux. Cette compilation d'influences conditionne-elle ce que nous recevons ? Ne nous faudrait- il pas une belle discipline intérieure pour s'accorder avec d'abord ce à quoi on assiste ? Pour le regarder avec des yeux vierges à nouveau ? Cette exigence est-elle nécessaire ? L'œuvre d'art ne serait-elle pas ce que l'on ne peut sur le moment identifier, quand elle divise, singularise, au lieu de fédérer comme le font les produits culturels ?

Plusieurs artistes ont déjà été invités à répondre à certaines de ces questions sous la forme de résidences de créations :
- Résidences de créations autour de la notion de "forme artistique" menées par Nathalie Elain et Lénaïg Le Touze.
- Résidence de création autour de l'œuvre de Maïakovski menée par Jonathan Bidot.
- Résidence et création d'un nouveau spectacle pour les musiciens du collectif "Continuum".
- Et c'est dans ce cadre que nous avons notamment créé les marathons de lecture.